Conférence du 19 décembre 2009 à l’Académie
Delphinale
La famille seigneuriale de Claix du XIIe au XVe
siècle
Lorsque je travaillais à réunir les éléments d’archives qui
allaient me permettre d’écrire une « Histoire de Claix », j’ai
longuement étudié la famille éponyme de cette terre d’histoire, citée du début
du XIIe siècle jusqu’au premier quart du XVe siècle, dont plus de trente
membres sont connus. Les principales sources que j’ai utilisées sont la série B
des archives de l’Isère, le Regeste dauphinois, les délibérations capitulaires
des archives de l’évêché de Grenoble et les fiches manuscrites de Louis Royer.
La présente communication est une synthèse des éléments que
j’ai pu réunir sur cette famille seigneuriale.
La famille de Claix parait avoir tiré son patronyme de la
terre du même nom ; l’inverse, sans être totalement improbable, ne parait
en effet guère vraisemblable.
Le nom même de Claix est d’origine discutable ;
peut-être vient-il comme le pensait Louis Royer et après lui le général
Bézégher du bas latin cleta ou cleya qui a donné claie, c’est-à-dire
la clôture ?
Mais ceci n’est guère satisfaisant, pas davantage que ne
l’est l’explication de P. L. Rousset faisant dériver ce nom de la racine cal,
la pierre, la montagne, la hauteur.
L’explication toponymique faisant remonter le nom du lieu à
un domaine gallo-romain, en l’occurrence celui d’un certain Clavius, me parait
plus convaincante. En effet, sans être abondants, les vestiges gallo-romains
sur Claix sont largement tangibles et peuvent, faute de mieux, corroborer cette
hypothèse.
Ce qui complique la problématique est que le nom du village
et celui de la famille qui pourrait en avoir pris le nom apparaissent à peu
près dans le même temps.
En effet, le troisième cartulaire de Saint Hugues, que l’on
date de l’année médiane de son long épiscopat, c’est à dire 1100, mentionne un ecclesia
de Clais cependant que le premier membre connu de la famille de Claix,
Géraldus ou Giraldus, chanoine de l’église cathédrale de Grenoble apparait en
1108. Celui-ci se retrouve dans divers actes qui s’échelonnent de 1108 à 1111.
De cette époque lointaine, la famille de Claix apparait donc comme ayant des
attaches certaines avec le chapitre cathédral. Ceci est fondamental car le
chapitre Notre Dame sera, depuis ces temps anciens et jusqu’à la Révolution, le
coseigneur puissant, constant et souvent dominant de la terre de Claix. Mais
c’est surtout à partir du début du XIIIe siècle que l’histoire de la famille de
Claix se précise de façon plus complète ainsi que les efforts du chapitre pour
se faire reconnaitre la seigneurie temporelle de Claix.
On ne connait pas de manière précise la date à laquelle le
chapitre Notre Dame aurait pris pied à Claix. On peut évidemment supposer que
cela remonte à l’époque de Saint Hugues puisque ce même chapitre possédait
alors la terre de Marcelline, aujourd’hui sur Pont-de-Claix.
De plus, l’église de Claix, on l’a vu, est citée dès la fin
du XIe siècle, or l’on sait que le cartulaire qui donne la liste des églises
existant dès au moins 1100 ne mentionne que celles qui relevaient de la directe
de l’évêque.
Quoiqu’il en soit, l’emprise du chapitre est certaine dès
le début du XIIIe siècle. En effet, par un acte de janvier 1215, la dame
Boveria, femme de feu Girard de Clérieu et ses fils Chabert, Guillaume et
Didier font hommage au chapitre de ce qu’ils ont à Claix sous la redevance
annuelle d’une livre. Cette reconnaissance est la plus ancienne connue à
l’égard du chapitre et de ses biens à Claix. Par contre, on ignore tout de la
famille de Claix à cette époque. Avait-elle la seigneurie du lieu de longue
date ou n’était-elle qu’une des grandes familles féodales qui devaient alors se
partager la terre de Claix, tels ces Clérieu ?
Les deux premiers seigneurs de la famille de Claix,
possédant peut-être en franc alleu la terre de ce nom, qui soient connus avec
servitude sont les frères Isnard (ou Isoard) et Amblard de Claix. Leurs armes
étaient « d’argent au chevron d’azur accolé de trois croisettes tréflées
des mêmes ». Elles sont toujours le symbole de la commune de Claix. L’an 1223, en leur qualité de seigneurs de
Claix, les deux frères reconnaissent en faveur de Robert, doyen de l’église
cathédrale de Grenoble et de son chapitre, détenir cette terre de leur fief
depuis le ruisseau nommé « la Pissarde » jusqu’à la fontaine nommée
« la Palud », allant par les lieux accoutumés dessus « le
Peu » (le Peuil de nos jours) divisant le mandement de Sassenage et celui
de Claix.
Cet acte, reçu en présence d’Eudes Alleman et de Rodolphe,
seigneur du Gua, témoins au titre du doyen, fut scellé du sceau de Soffrey,
évêque de Grenoble et de celui du seigneur d’Avallon.
Un autre membre de cette famille seigneuriale, Marchis de
Claix, apparait vers cette époque, le 13 janvier 1236 (ou 1237), comme témoin
d’une assemblée tenue à Varces par le dauphin Guigues André. Peu après, un acte
atypique mentionné de l’an 1240 par Louis Royer fait état d’une dame Prenier ou
Bregnier « femme du seigneur de Claix » et Charles, Guillaume et
Didier, ses enfants, qui confessent tenir en fief du chapitre tout ce qu’ils
avaient possédé à Claix, hommagé en faveur dudit chapitre avec une rente perpétuelle
d’une livre de cire.
Ce qui est certain c’est qu’Isnard et Amblard de Claix sont
de nouveau mentionnés en 1246 dans la réitération de leur hommage de 1223. Ce
fut en effet le 12 ou le 13 décembre 1246 que, dans l’église Notre Dame de
Grenoble et en présence de tout le chapitre ainsi que de nombreux clercs et
laïques, Isnard et Amblard de Claix se déclarèrent hommes-liges de l’église de
Grenoble, reconnaissant avoir reçu en fief du chapitre le château et mandement
de Claix et promettant de défendre les personnes et les biens dudit chapitre
toutes les fois qu’ils en seraient requis. Parmi les témoins de cette
reconnaissance, figure un autre membre de la famille de Claix, Umbertus,
qualifié d’officialis.
Cette reconnaissance, par laquelle les deux frères
promettaient corollairement de rendre le château à toute réquisition et de
laisser la bannière de Saint Vincent y flotter en signe de haut domaine n’était
cependant pas une dépossession gratuite. En effet, le chapitre leur donnait en
contrepartie la somme de cent livres viennoises, ce qui semble montrer
qu’Isnard et Amblard de Claix étaient gravement endettés, soit qu’il y avait -
déjà – une urgence de faire consolider, voire même reconstruire le château de
Claix. En effet, les caractères architecturaux fondamentaux de celui-ci
paraissent correspondre à ceux du XIIIe siècle local (confirmé lors de la
conférence au vu des photos par le Pr Bornecque), ce qui laisse conjecturer que
c’est bien à la suite de cet hommage que le château de Claix, d’origine
indéterminée, aurait pu être en partie reconstruit ou transformé.
En effet, son origine réelle est inconnue mais le site,
assez remarquable, laisse à penser qu’il dut être fortifié très tôt, sans doute
à une période contemporaine de l’édification de la première église de Claix
car, sinon, celle-ci aurait sans doute été construite sur cet emplacement
dominant et protégé, à l’instar de celle, voisine, de Varces.
Quoiqu’il en soit, ce château, réparé ou reconstruit, est
patent vers le milieu du XIIIe siècle. L’évêque de Grenoble voulut-il alors
symboliser sa mainmise sur l’édifice ? A cet égard, Emile Bonnefous
indique à ce propos que des ruines du château fut tirée, peu avant 1840, une
grande pierre portant sculptées les armoiries d’un évêque.
Cette pierre existe toujours, remployée dans la grande
pièce du premier étage de la maison dite de Mariette d’Enghien, mère de Dunois
qui fut seigneur de Claix. Elle mesure environ 60 cm sur 25 cm et parait
représenter, en effet, les symboles épiscopaux. Sa datation est évidemment
délicate mais rien ne semble s’opposer à ce que cette sculpture remonte au
XIIIe siècle. Elle aurait, en ce cas, un lien évident avec les travaux
entrepris à cette époque au château.
Ce qui est patent, c’est que le rôle du chapitre dut être
déterminant et considérable dans la transformation, les réparations ou la
reconstruction du château de Claix.
Mais son influence ne se limitait pas au château. Le
chapitre parait avoir eu également un rôle essentiel dans la construction du
premier pont connu avec certitude sur le Drac, l’entretien de l’église
paroissiale et dans l’élévation des remparts du bourg.
Des deux seigneurs de Claix, Isnard était vraisemblablement
l’ainé. Il est en effet toujours cité avant son frère Amblard.
En 1246, apparait un autre membre de cette famille, Chabert
de Claix, qualifié d’officialis et que l’on retrouve peu après également
mentionné le 16 octobre 1252.
L’année précedente, pour mettre fin semble-t-il à de graves
dissensions avec le chevalier Guillaume du Gua, la fille de celui-ci,
Marguerite, épouse Isnardet, le fils d’Isnard de Claix. Et à Lyon, le 8 mars
1251, sur la prière de Rodolphe, fils du comte de Genève, le pape Innocent IV
les dispense du quatrième degré de consanguinité. Ce mariage endogamique
traduit pour le moins une parenté certaine entre la famille de Claix et celle
du Gua.
Amblard, pour sa part, avait épousé à une date non connue,
Fine, la fille de Guigues de Champ. De cette union était né un fils prénommé
Guillaume.
Les deux seigneurs hommagers Isnard et Amblard avaient,
semble-t-il un frère puiné également nommé Guillaume. Cette parenté, qui n’est
explicite dans aucun texte, est extrapolée à partir de différents éléments
d’archives.
Ce Guillaume de Claix est, de tous les membres de cette
famille, celui sur lequel on dispose du plus grand nombre de références. Alors
que ses frères étaient chevaliers, lui était devenu religieux, comme au moins
l’un des membres cadets de toute famille seigneuriale à cette époque. Le
premier texte qui le mentionne date de 1250. Il est alors juge du Grésivaudan
et chanoine de Saint André de Grenoble.
Omniprésent dans les textes de cette époque, on le trouve,
tour à tour : juge de la cour delphinale à Bourg-d’Oisans le 12 mai 1251,
juge du comte dauphin à Gap le 18 juin 1251, procureur de l’évêque de Grenoble
le 21 octobre 1255 et surtout prévôt de Saint André de Grenoble dès l e 16
février 1258. Dès le milieu du XIIIe siècle, Guillaume de Claix était donc un
personnage local de tout premier plan, reconnu par ses pairs, confirmé par
l’évêque, ce qui explique que son nom figure dans la plupart des actes religieux
ou delphinaux du temps.
Le 7 mai 1270, il fait donation au chapitre Notre Dame du pont
et du port de Claix, moyennant engagement pour trois anniversaires à célébrer
chaque année : un, le jour de son décès, un autre à la fête de Saint André
et le troisième à celle de Sainte Anne, ainsi que de partager aux prêtres
célébrants 3 sols et de payer aux foires de Grenoble 60 sols viennois pour les
pelisses des chanoines.
En cette même année 1270, le chapitre de Vienne partage des
terres « qu’avaient tenues Guillaume de Claix » ce qui a pu faire
accroire que celui-ci était décédé peu après sa donation. Mais, il n’en est
rien puisque le prévôt de Saint André apparait encore dans nombre d’actes
postérieurs. Selon toute vraisemblance, il s’agirait de son père, porteur du
même prénom. En effet, en 1271, il fait cession au commandeur de Trièves de
tous les droits qu’il avait à Anthermant au fief de Gap « du consentement
de son père ». En tout état de cause, cet acte montre que les possessions
de la famille de Claix s’étaient étendues précédemment très au-delà de leur
mandement.
Dans le même temps, au hasard des archives conservées,
apparaissent d’autres membres de cette famille : ainsi, dès avant 1257 un énième
Guillaume de Claix, fils d’Amblard et neveu supposé du prévôt, qui résidait à
la Balme de Claix, « Ms » de Claix que l’on retrouve également sous
les noms de Marquis ou Marchis, diminutif de Marc, Isoard, fils de Guillaume,
qualifié de damoiseau et Guichard, également neveu de Guillaume.
Un acte de 1275 montre que Marchis de Claix avait deux
frères, Gontier ou Gauthier, prieur de Risset, et Didier et mentionne également
un Lanthelme de Claix, prieur de Saint Pierre de Grenoble.
Pour sa part, au cours de ces mêmes années, le chevalier
Guillaume, fils d’Isoard, continuait ses cessions et, notamment, tous ses
droits sur le château et la juridiction de Claix, sous réserve toutefois
d’usufruit selon un acte du 16 juin 1276 qui marque la transmission effective
de la terre de Claix au profit de la puissante et tentaculaire famille Alleman.
A ce moment précis, le chapitre de Grenoble voulut sans
doute réaffirmer sans équivoque possible, la domination profonde qu’il exerçait
sur la terre de Claix. Pilot fait état à cet égard d’un acte de 1276 indiquant
que les chanoines de Notre Dame, pour bien monter leur possession, portèrent
avec eux la tête de Saint Vincent et la placèrent au sommet du château de Claix
en signe de domination pendant qu’on chantait des hymnes religieux et qu’ils
plantèrent leur bannière sur le donjon de la tour. Cet acte ostentatoire et
hautement symbolique eut-il lieu en 1276 ou l’acte visé par Pilot ne fit-il que
relater une cérémonie très antérieure, 1223 ou 1246 ?
Bien qu’il ne soit guère aisé de trancher, j’inclinerais
plutôt pour la seconde hypothèse.
Les années 1277 et 1278 voient Gontier et Isoard de Claix
céder de nouveaux biens.
Cette année 1278 est du reste importante puisque le
chapitre Notre Dame est amené à justifier de ses droits sur la terre de Claix.
Il le fait par divers moyens, notamment des témoignages et des lettres patentes
du dauphin.
Par un possible revers positif de fortune, entre 1279 et
1285, on voit divers membres de la famille de Claix racheter parcimonieusement
certains des biens précédemment cédés. Apparait à cette occasion un Nanthelme
de Claix, prieur de Saint Jean de Grenoble. Également, intervient en 1290, une
alliance entre Marguerite Alleman, fille d’Odon, et un autre Guillaume de Claix
non identifié.
Mais, dans le même temps, Isoard, le fils de Guillaume,
vend à Guigues ou Guigonet Alleman, sa part du château de Claix, les limites en
étant expressément spécifiées avec dénombrement des revenus.
Le 23 novembre 1293, le prévôt Guillaume de Claix, sans
doute fort âgé, établit son obit. Il attribue notamment au couvent de Saint
Robert 25 livres pour célébrer son anniversaire. Il meurt vraisemblablement peu
après. Cependant, Louis Royer, sur la base de Chorier, le fait décéder quelques
années plus tôt, vers 1286.
Voici ce qu’en dit Chorier : « … en 1285, le
prévôt de Saint André était Guillaume de Claix qui mourut l’année suivante.
Guillaume de Claix était dans l’étroite confidence de la dauphine
Béatrix : il lui légua 50 livres et son cheval appelé Palfroi dans l’acte
et voulut que les exécuteurs de sa dernière volonté ne fissent rien que de son
conseil. Ces exécuteurs furent l’évêque de Grenoble, à qui il légua 30 livres
viennoises et un saphir d’Orient, Guillaume Breyfoud, sacristain de son église,
Nanthelme de Claix, prieur de Saint Jean de Grenoble, Amblard de Claix son
frère et Chabert de Clérieu son neveu. Il donna également 300 livres à trois
chevaliers pour aller au secours de la Terre Sainte et voulut que Guichard de
Clérieu, un autre de ses neveux, fut de ce nombre. Enfin, il ordonna que sa
vaisselle d’or et d’argent fut vendue et que le prix fut employé à doter et
marier de pauvres filles… ».
Et Chorier d’ajouter : « il fut enseveli dans
l’église Saint André au-devant de l’autel de Sainte Magdelaine » avant de
conclure en forme de panégyrique : « le nom et la dignité de la
maison de Claix étaient alors fort célèbres et l’étroite liaison qui était
entre ce prévôt et la dauphine Béatrix est une preuve de son mérite
particulier, de même que la noblesse de son sang ».
Si la relation de Chorier est d’un intérêt majeur, elle
pose néanmoins d’importants problèmes et, notamment, la date effective du décès
de Guillaume de Claix, la référence à Amblard qui ne pouvait manifestement pas
être celui de 1223 et l’identification de Béatrix qui n’était pas alors la
dauphine en titre.
Peu après, le 20 novembre 1295, l’autre Guillaume de Claix,
époux de Marguerite Alleman, donne les derniers biens qu’il possédait encore
sur le château de Claix à Sybille, tutrice de Gilet Alleman. On a dit que cette
donation était faite faute d’héritier, ce qui semble plausible eu égard au fait
que les époux étaient déjà, l’un et l’autre, d’un âge avancé.
A cette date, la famille de Claix ne devait plus guère
posséder de biens effectifs sur sa terre et elle avait perdu quasiment tous ses
droits sur l’indivision du château. Le peu qui en restait sera transféré le 14
mai 1300 par Ysoard, curieusement encore qualifié de « seigneur de
Claix », au profit de Guigues Alleman. Celui-ci apparait dès lors comme le
véritable seigneur de Claix, nonobstant les droits intangibles du dauphin et
ceux du chapitre.
Dans le même temps apparaissent Catherine de Claix, qui
possédait des terres à Murianette et Girard de Claix, sacristain de Notre Dame
de Grenoble. Marquet ou Marchis de Claix apparait, quant à lui, de façon
constante dans des actes s’échelonnant de 1318 à 1332, tantôt comme chanoine de
Saint André, tantôt comme lieutenant du juge mage de Grésivaudan ou encore
comme auditeur des comptes du conseil delphinal.
L’enquête de 1339 sur la consistance et la valeur des
châteaux delphinaux consacre huit feuillets au château de Claix et à ses
revenus et précise qu’Amblard de Claix y avait maison forte. Dans le même
temps, un autre membre de la famille de Claix, Hugues, a maison forte à Gières.
Il faut préciser que les deux seigneuries de Gières et de Claix relevaient en
fief du chapitre Notre Dame depuis au moins un siècle, ce qui peut expliquer
qu’une branche de Claix se soit établie, à une époque indéterminée, précisément
à Gières.
D’autres membres de la famille de Claix apparaissent
également vers cette époque, comme Thibaut, comme François qui tenait la bâtie
de Renage, comme Jehan qui exploitait une taverne quai Perrière à Grenoble ou
encore comme Claude.
Mais cette période est surtout marquée par la forte
présence d’Aymon de Claix, chanoine du chapitre Notre Dame, auditeur des
comptes du conseil delphinal et chapelain du pape qui figure dans de très
nombreux actes entre 1338 et 1347.
Parmi les nombreux témoins du transport du Dauphiné à la
France apparait également un Jean de Claix dont nous ne savons quasiment rien.
Peu après, en 1352, Bertrand de Claix est cité comme
auditeur des comptes delphinaux puis trésorier du nouveau dauphin.
Les enfants de François de Claix, Michel de Claix et sa
sœur Béatrix possédaient alors encore des biens à Claix mais surtout en Oisans,
en raison du mariage intervenu entre Catherine et Leutzon Leutzon, héritier
d’Hugues d’Auris.
Un acte d’octobre 1406, montre que Michel de Claix
possédait alors sur la terre de ses ancêtres une maison forte avec courtil,
grange et terres au Pont Meillan. Maigres possessions comparées à celles
qui, jadis, étaient celles de ses ancêtres, Amblard et Isnard de Claix.
C’est le dernier acte que l’on ait sur Michel de Claix, qui
ne semble pas avoir eu d’héritiers et qui fut vraisemblablement le dernier
descendant de cette famille seigneuriale, la branche de Gières semblant avoir
également disparu dans le même temps avec Guigues de Claix cité pour la
dernière fois le 3 septembre 1407.
Cette date est, en l’état de mes recherches, celle du
dernier acte mentionnant un membre de la famille de Claix.
Peu après le début du XVe siècle les Claix – que Rivoire de
la Bâtie avait prématurément fait s’éteindre en 1390 dans le Trièves –
n’apparaissent plus.
Triste disparition d’une famille dont j’espère avoir su
monter le rôle important qu’elle tint sur la terre de Claix et le dévouement,
sans doute intéressé, qu’elle manifesta toujours à l’église de Grenoble pour
faire que son chapitre en soit coseigneur jusqu’à la Révolution.
Le 4 novembre 1421 – peut-être Michel de Claix était-il
encore de ce monde – par la volonté de Charles VII, la terre de Claix passera à
un autre illustre seigneur, Jean, bâtard d’Orléans, le futur comte de Dunois.
Mais, selon la formule consacrée, ceci est une autre
histoire…